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Ces cinq minutes là!

Carte-Deces-Mere-Sylvain-2LES CINQ DERNIÈRES MINUTES :

Vendredi, 5 septembre, il est 9h09. Ma mère me demande de lui apporter des Robaxacet pour ses douleurs musculaires. Je lui demande si elle peut attendre après mon travail. Elle me fait comprendre qu’elle a vraiment mal et me supplie de lui en apporter sur mon heure de diner. J’ai alors pris ma matinée de congé. De toute façon, j’ai eu mal à la tête toute la nuit. 10h10 je quitte la pharmacie avec les médicaments. 10h25 j’arrive chez elle. Elle m’ouvre la porte et est heureuse de me voir. Elle me raconte qu’elle a mal à son poumon, et prétend que c’est à cause de l’air climatisée.

10656318_10152336539361500_1394234082_nElle dit avoir mal dans le corps aussi, au niveau du dos, des hanches et des bras. Elle me paie la facture des Robaxacet. Je m’amuse avec les chiens. Ils sont content de me voir. Elle s’assoie sur sa chaise d’ordinateur. Moi sur son lit. Je flatte le chien et me mentionne qu’elle vient de prendre un bain chaud et qu’elle se sent si bien dans un bain chaud. Au même moment, tel un coup de vent, son âme s’envole, son coeur cesse de battre et tombe à quelques centimètre de moi au sol, il est 10h30. Je repousse le chien. Je suis en état de panique, mais me resaisis rapidement et prend conscience de la gravité de la chose. Je repousse les chiens à nouveau, qui s’empressent de venir lécher le visage de maman, inerte au sol qui relâche ses derniers souffles de vie. J’ai sue que son âme n’y était plus, car son regard ne communiquait plus avec le miens, elle avait de la bave dans la bouche qui faisait des balounes et sa langue s’est mise à épaissir très rapidement.

Je l’ai couché rapidement sur le dos afin de pouvoir essayer de l’aider à respirer. J’ai alors courrut vers mon auto en sautant les 5 marches qui y avait. Je les ai remonté aussi rapidement. 9-1-1. Rapidement j’annonce l’adresse, commandant une ambulance d’urgence. Le signal coupe. Je suis dans le bois. Je repart vers la maison en courrant. Maman ne respire plus. Je retourne dehors. 9-1-1. Je veux être sur que les secours sont en route. Le signal coupe. Je recours en dedans pour faire un mini massage cardiaque (qu’on m’a appris à faire). Je sort à nouveau dehors. On me confirme qu’une ambulance est en route. Le signal coupe à nouveau. Je ne rapelle pas, et je retourne à l’intérieur.

UntitledToujours inerte au sol, ne présentant plus de signes vitaux. Les chiens qui me regardent paniquer et qui savent ce qui se passent, s’assoient devant la maison. Les ambulanciers arrivent. Les chiens reste assis et n’achalent pas les hommes, pourtant ils ne sont jamais sages quand il y a de la visite. Les manoeuvres de réanimation commencent. Rien de positif. En état de choc complet, j’offre mon aide aux corps amubulanciers pour n’importe quoi. J’suis complètement anéantis. Je me demande ce qui se passe. Je venais de lui parler, de la voir, de la toucher de son vivant. Rapidement, il est impossible pour les ambulanciers de la ramener à elle.

Direction Hôpital d’Hawkesbury. Je profite du temps que j’ai pour avertir ma soeur, ensuite mon père, qui lui, est à l’extérieur pour le travail pour trois semaines. Il est déjà en route pour la maison au moment où je raccroche avec lui. Arrivé à l’hôpital, les gens ont été tellement gentil. J’étais en état de choc. Ces cinq dernières minutes ne cessent de jouer en boucle dans ma tête. J’ai dût l’avoir raconté 40 fois depuis une heure. On m’annonce à 12h00 qu’il est trop tard et qu’ils ont cessé le processus.

Je comprend parfaitement et accepte les sympathies du personnel. On m’apporte à elle. Je suis en larme, sous le choc et je me sent alors très fort d’avoir déjà passé la dernière heure passée. Ma soeur est en route pour venir la voir.

Ce soir là, moi, mon père et ma soeur, avons beaucoup discutés. On s’est pris dans nos bras et essayons de comprendre. J’attends à ce moment là, l’autopsie du coroner. Je veux savoir pourquoi ma mère s’est jetée au sol comme ça. J’apprend pas longtemps après, par le coroner que ma maman, avait eu un malaise cardique, et qu’en réalité, ce n’était pas à son poumon qu’elle avait mal. Elle était entrain de faire une crise cardiaque. Telle une virgule dans le temps, une seconde à l’horloge ou un souffle du vent, maman nous a quittée aussi rapidement.

Je voyais maman trois ou quatre fois par semaine. On se parlait chaque jour. Ça sera difficile pour moi de changer la routine. Elle était ma plus grande fan. Elle connaissait tout sur mes horaires. Elle savait où j’étais, quand je revenais.

_DSC0768LES «ROADTRIP»

Beaucoup d’entre-vous savent que j’ai fait un excellent voyage, innoubliable en juillet dernier avec ma mère. Ce sont de beaux souvenirs que je garde en tête. Un cadeau de la vie d’avoir partagé ça avec. Ma mère m’a souvent accompagnée dans mes grandes aventures. Elle est venue avec moi faire le tour du Québec. Nous sommes allés partout en province pour des vacances. Moi et elle. Juste moi et elle.

C’est triste ce que j’ai vécu, mais je me console en disant qu’une chance que je suis arrivé plus de bonne heure, sans ça, peut-être je me serais senti coupable d’être arrivé en retard. Merci la vie, d’avoir pu, voir au moins maman, ses cinq dernières minutes. Ça été les minutes les plus importantes de ma vie jusqu’à maintenant.

J’ai le goût de lui dire à quel point les fleurs de son jardins sont belles. De lui dire que les légumes de son jardin sont délicieux. Que sa musique me fait pleurer. Que ses photos me font sourir. Mais au fond, même si j’ai le goût de lui dire, je sais qu’elle le sait. On s’est toute déjà dit ça dernièrement. Il y a une chose qu’on ne pourra jamais battre : Le temps.

Carte-Deces-Mere-Sylvain-1J’ai reçu des centaines de témoignages d’amis, de connaissances et de gens avec qui j’ai collaboré dans ma vie. Des artistes que maman aimait beaucoup qui m’ont témoignés leurs sympathies ou leurs témoignages de cas vécues. Je me rends rapidement compte que je ne suis pas le premier à qui ça arrive, et que la douleur est de même intencité pour tout le monde.

Nous aurions fêtés son anniversaire samedi, le 6 septembre où elle aurait eu 46 ans. J’ai une belle vie malgré tout. Je fais ce que j’aime. Mon agenda est remplie et je ne chôme pas. Cependant, il y a une chose qui n’était pas prévue à l’horaire, soit celle de perdre ma mère.

(7 commentaires)

  1. Bonjour Sylvain, je t’avais déjà laissé un message via « facebook » et je te réitère mes souhaits de sympathies pour toi et toute la famille… Dans ton communiqué, tu nous écris: « Je me rends rapidement compte que je ne suis pas le premier à qui ça arrive… »; c’est bien vrai et tu sais fort bien qu’il y aura d’autres occasions qui se présenteront dans ta vie et la nôtre…! Par contre, même si tu as vécu une situation des plus pénibles, tu te dois de savourer le fait que le tout s’est déroulé en ta présence et que ce n’est pas tout l’monde qui peut vivre les derniers moments d’un être cher en sa présence directe. Ta mère était pleinement consciente et vous avez été capable de converser quelques minutes comme si tout était normal… Le choc a été sûrement brutal mais, son dernier regard a été pour toi qu’elle aimait beaucoup… vous étiez comme deux grands amis… j’ai tellement lu d’anecdotes que tu nous laissais à l’occasion pour comprendre que vous viviez une belle et grande complicité…! Il n’y a pas d’âge ou de situation parfaite pour décéder… le destin se charge de nous le rappeler… Tu es bien entouré et le choc passé, il restera les souvenirs impérissables de votre relation. Que la sérénité t’accompagne… il y a des choses que l’on ne peut changer! « C’est la vie! » Bon courage à vous tous… mes pensées sont avec vous tous!

  2. Tres beau ce que tu as écris…ca me rappelle tellement ce que j’ai vécue avec ma maman ,mais elle c’était sa chatte qui regardé les ambulanciers…..
    maintenant tu est grand ,moi je suis sentis devenir adulte quand j’ai perdue ma maman…on n’a plus de référence…
    45 ans c’est beaucoup trop jeune pour partir ca me fait peur moi j’en ai 44 ….
    Bon courage
    Lucie-Anne

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